![]() |
|
|
|
|
|
|
|
séjours Alpes |
|
MUSTANG/ GANDAKI - NOV 07 - 3 semaines Première réalisation de ce nouveau programme : une réussite ! |
|
Jour 1 : Sita Air Pokhara /Jomsom Très beau survol de toute
la chaîne des Annapurnas et un atterrissage sportif entre le Daulaghiri et le
Nilgiri. Laxman Maggar traîne devant l’aéroport où son chemin croise le nôtre.
Il fallait que son chemin croise le nôtre : notre Mummy, Francoise, 70 ans, est
malentendante, lui aussi. Plutôt que de filer directement vers les hauteurs,
nous visitons un des plus anciens hameaux des environs, Thini, où la vie
s’écoule inchangée à 45 petites minutes de l’autoroute : un autre univers. Puis
nous poursuivons vers le lac Dhumba, ce qui me permet de repérer un itinéraire
confidentiel entre Jomsom et Marpha, parallèle à l’autoroute et offrant de
superbes vues sur le Nilgiri, le Tukuche Pic et le Daulaghiri. L’autoroute, je
précise, c’est le grand tour des Annapurnas. Un cadenas sur la porte du musée
nous incite à poursuivre par la visite du Jomsom Resort. Insolite : chambres à
150 dollars, piscine, vue sur les glaciers, chauffage électrique. Pourquoi pas. Bien plus
que la chambre à 150 dollars, ces paysages d’altitude m’attirent toujours
autant, et d’autant plus que je nous sais partis pour un baby trek.
Jour 2 : les Maos Jomsom ( 2710) / Kagbéni
( 2800 ), extension au point de vue à 3200. Un drapeau rouge flotte
au vent du Mustang mais pas un drapeau à prières. Zut. Le report des élections
= le retour des Maos. Une jeune fille des plus virulentes nous aborde avec
véhémence, incapable de me parler plus lentement. Je négocie, je paye, et nous
partons. Ce vent sec et violent (
pour changer de sujet …) souffle tous les jours de 11h au coucher du soleil. Il
s’explique par la différence entre les hautes pressions sur les versants méridionaux de l’Himalaya et
les basses pressions sur le plateau tibétain. Sa vitesse s’accélère lorsqu’il
s’engouffre dans l’entonnoir formé par le Daulaghiri d’un côté et les
Annapurnas de l’autre. Au-delà du Mustang, il finit par s’apaiser sur le
plateau tibétain où il peut lâcher quelques gouttes. En attendant, Kagbéni est
construit sur un courant d’air. Installés au Red House Lodge, mais Tsering, le patron, est à Pokhara. De la visite du temple domestique, j’apprends la saga familiale : le grand-père de Tsering se désespérait à n’engendrer que des filles, lorsqu’il eût un songe. Un fils lui viendrait à la condition qu’il construise un temple familial dédié à Mattreya Bouddha, le Bouddha du futur. Chose promise par les esprits, chose due : le père de Tsering est né. Mais deux générations plus tard, Tsering reproduit : il n’a que des filles. Dans le vent et sous les spirales des vautours, nous grimpons jusqu’au point de vue pour un 360 sur le Haut Mustang et la frontière tibétaine. Sans passer par le check post, et sans payer les 700 dollars de taxe.
Jour 3 : le vent du
Mustang. Kagbeni ( 2800) / Jharkot ( 3550) Un savant système
d’irrigation, des portes très basses pour refouler les mauvais esprits
incapables d’humilité, les chiens tibétains et les chortens au toit en bois :
nous découvrons Kagbeni puis prenons direction Jharkot avec sa gompa rouge. “
Même les Japonaises y arrivent” : Khrisna notre guide local rassure Mummy.
Au ” Romeo and Juliet Lodge” nous visionnons (si, si ) un CD sur … le Mustang pendant
la sieste quotidienne de notre aînée. Le centre de médicine tibétaine est fermé
pour les trois mois d’hiver, le grand lama occupé à une puja au village. Nous
reviendrons donc demain.
Jour 4 :la flamme
sacrée. Jharkot ( 3550 ) /
Muktinath ( 3800), extension à Chabarbu ( 4200) Nous visitons le complexe hindoboudhique de Muktinath , essentiel pour ces deux confessions, et allumons 3 bougies auprès de la flamme sacrée autour de laquelle s’est construit le temple. Trois, pas quatre, insistent nos porteurs. La visite du sanctuaire échappe le plus souvent aux trekkeurs poussiéreux et épuisés qui dévalent du Thorong La, pressés d’en finir. Dommage. Avec J.Paul nous poursuivons jusqu’à Chabarbu pendant que les autres se reposent. Je croise Temba avec ses six Français, et plus loin Mailla, les yeux vitreux de celui qui trop souvent s’oublie dans l’alcool. Il n’a pas oublié cependant notre expérience ensemble il y à neuf ans au Kalapattar. J’apprends ensuite par téléphone depuis Muktinath que Dorjee, le petit porteur de mon fils lors de son premier séjour, a fini second au marathon des Annapurnas. Le pays m’est décidément familier.
Jour 5 : Introduction
au Mustang Muktinath ( 3800) / Guy
La ( 4200) / Djong ( 3800) / Muktinath Une superbe balade en
aller-retour vers ce col d’accès facile qui domine les paysages minéraux du
Mustang. Le hameau de Djong, à 1h de l’autoroute, est d’un autre monde.
Ancienne capitale de la région, qui l’eut cru, son nom signifie “fort” en
tibétain. Sur les ruines de cet ancien fort du 14e siècle a été
construite une des plus importantes gompas Shakia-Pa de la région. La bonne des
moines nous offre le thé et nous permet la visite.
Jour 6 : Lubra ou la face cache de la lune. Muktinath ( 3800) / Lubra ( 2800) / Eklebati ( 2700) Après une nuit
généreusement éclairée par la lune nous voilà partis pour le hameau de Lubra,
très loin de tout. Les 3h de marche se transforment en 6h, car les petits
ruisseaux transversaux sont transformés en patinoire par le gel. Un long
sentier balcon nous conduit finalement à la gompa Bon de Lubra où un moine
jovial échappé du Tibet il y a 10 ans nous fait visiter la grotte de méditation
et nous signale l’empreinte du pied d’un grand lama décédé il y a 1000 ans… C’est la seule gompa Bon (religion préboudhique imprégnée de chamanisme ) du district du Mustang. A Lubra, nous rattrapons au vol une paysanne partant aux champs. Les touristes sont rares : elle nous cuisine une soupe de nouilles à l’oeuf sur un feu de bois dans un intérieur photogénique, c’est-à-dire sombre et enfumé. Sur les portes des étables veillent les charmes, faits de quelques oripeaux et de cornes de chèvres. Sur les toits sèchent les céréales. Dans les champs les hommes labourent au char à bœufs. C’est Lubra.
Jour 7 : Gone with the wind Eklebati ( 2700) / Jomsom
( 2700) / Marpha ( 2670) Ce qui aurait pu prendre
3h par l’autoroute nous occupe agréablement toute la journée, toujours en marge
de l’agitation saugrenue de l’industrie du trekking. Le musée de Jomsom, très
didactique, est passionnant. On y apprend de la faune, de la flore médicinale,
de la géologie. On y apprend aussi qu’il n’y a que 10 à 12 visites journalières
alors que 50 mètres plus bas défilent des dizaines et des dizaines de
trekkeurs. A Marpha, J.Paul cherche en vain le shaligram qui lui assurera
meilleure réincarnation. Nous goûtons au cidre local et je me retourne pour
saluer les paysages minéraux et ventés du Mustang. Derrière nous les “bhara
gaons“ ou 12 villages de la haute Kali Gandaki que nous avons arpentés avec
intérêt une semaine durant. Ces 12 villages étaient jadis sous la domination
des rois du Mustang qui y édifièrent des forteresses au 16e siecle.
Demain nous aborderons le pays de Thak, people de Thakalis d’origine tamang.
Jour 8 : Brandy,
pommes sèches et noyaux d’abricots. Marpha ( 2670) / Larjung ( 2550) / Kalopani ( 2530) Une bretelle de l’autoroute nous conduit sous les hameaux de Chairo et Chimang, rive gauche de la Kali Gandaki, dans une belle forêt de pins bleus de l’Himalaya. Khrisna, notre guide, persiste à rester sur l’autoroute. Il est vrai qu’un esprit malfaisant pourrait bien se cacher derrière un genévrier sur ce sentier qu’il ne connaît pas. Le Népalais a, par nature, peur de l’inconnu. Je serais plutôt de tendance inverse, au grand désespoir du staff. Nous le rejoignons un peu avant Tukuche bien que je pense que le sentier aurait pu nous conduire jusqu’à Larjung via Chokopani. Nous déjeunons à Larjung puis poursuivons sur Kalopani. Le soleil se couche enfin sur l’Annapurna 1 (+8000) et l’Annapurna sud.
Jour 9 : Mets de l’huile ( dans les
rotules ) Kalopani ( 2530)/ Titi lake (2690) / Dhana ( 1400) Nous nous échappons vers
le lac Titi, pique-nique spot des Népalais, classe moyenne rare, qui
“vacancent”. C’est un des lieux les plus adaptés à l’observation des oiseaux
d’eau et lieu de nidification du colvert (anas platyrhinchos) et de la poule
d‘eau (gallinula chloropus). Le hameau attenant offre la possibilité d’un
hébergement rudimentaire face au glacier perturbé du Daulaghiri. Encore une
bretelle jamais visitée. Il est possible de relier Marpha à Titigaon en une
seule journée , ou bien Larjung à Lete via Titigaon. Notre guide m’avouera
qu’après plus de 10 ans dans cette région, il aura découvert de nombreux
itinéraires grâce ou plutôt à cause de moi ! L après-midi, 4h de descente dans
de mauvais cailloux pour rejoindre Dhana : un véritable défilé d’images
locales : le buffle abattu qu’on découpe, le riz qu’on décortique, les
enfants qui rentrent de l’école. Nous soupons aux chandelles dans un jardinet
exotique sous les orangers, bougainvillers et poinsettias. Le décor a changé,
pas le menu : dal bhaat.
Jour 10 : une fleur de poinsettia dans la Gandaki. Dhana ( 1400) / Tatopani ( 1190) / Ratopani ( 1100) Après 1h30 de descente
dans une superbe végétation subtropicale nous déjeunons à Juan Les Pins.
Pardon, à Tatopani. Inutile de préciser que j’insiste pour poursuivre et
quitter l’autoroute. Après s’être agréablement sustenté (l’autoroute a ses
avantages ) nous filons faire étape à Ratopani, direction Béni et le Népal
profond. Ici on fait sécher le linge sur le fil à viande, on se réfère à
l’odeur pour trouver les toilettes, c’est Khrisna qui lave les saags et Pemba
qui les cuisine. Je doute qu’ils apprécient mais sourire toujours sourire. La
bonne à tout faire semble rendre absolument tous les services aux hommes de la
maison… Le lodge, lui, semble déserté, d’abord par les touristes, qui ont suivi
le chemin classique des plus classiques de Ghorepani, ensuite par le cuisinier
embauché probablement à la construction de la route comme tout le monde. Cette
route est censée relier d’ici deux mois l’Inde au Népal, pour descendre les
pommes de Marpha vers le sud et améliorer les échanges avec le Tibet (la Chine)
vers le nord. Il s’agit là du tronçon le plus délicat. Des dizaines de mineurs
de 12 à 15 ans sont employés illégalement pour une somme dérisoire de 120
roupies /jour,
le tout sous l’autorité de l’armée népalaise, ce qui laisse songeur …Le
gouvernement chinois projette pour février 2008 un autre itinéraire de liaison
Tibet/Inde plus court que celui-ci, au nord de Kathmandu : le
Syabrubensi/Rasuwagadi, qui complètera le Birgunj/Kathmandu/Nuwakot L’objectif est de faciliter les échanges entre
les deux gros… sans tenir compte du petit ! Nous nous installons dans la réserve de patates, ou bien ce sont les patates qui sont stockées sous notre lit. Je suis sur le point de m’endormir calée contre un gros sac souple, que la curiosité finit par me faire ouvrir : des cacouettes ! de quoi améliorer le dal bhaat. Je grignote et je m’endors. Jour 11 : l’experience du quotidien nepalais. Ratopani (1100) /
Tipling (10140) à pieds / Beni (830) 1h en jeep / Naudanda (1140) 3h30 en bus. Une journée très variée
permettant de goûter à de nombreux aspects du pays. Nous commençons par 2h30 de
marche le long de la route en construction. Un véritable spectacle son et
lumière : explosions à la dynamite qui jouent à l’écho dans toute cette vallée
surdimensionnée, jeunes travailleurs avec leur barre à mine tels des fourmis.
Arrivés à Tipling, nous remercions notre porteur et utilisons une jeep taille
népalaise (depuis J.Paul marche courbé ) pour relier Béni. Nous entrons pleins
d’espoirs dans le premier cyber café depuis 15 jours. Résultat : coupure
immédiate de courant, durée indéterminée. Un bus local, c’est-à-dire un
spectacle à lui tout seul, nous secoue
3h30 (et nous conduits) à Naudanda. La, re :
coupure de courant. Dans le noir le
plus complet Khrisna nous trouve un “hôtel” où nous nous installons pour la
nuit.
Jour 12 : balade dans
un livre d’images. Naudanda ( 1140) / Sarangkot ( 1500) Une piste large et facile traverse des
paysages bucoliques dignes d’un livre pour enfants. Des mères qui allaitent, des mères qui massent des
bébés joufflus, des buffles qui fainéantent à l’ombre des toits de bambou, des
enfants qui accourent de l’école, autant de scènes du quotidien que nous
traversons dans une lumière d’automne douce et agréable. A Sarangkot la vue
n’aurait pas pu faire mieux, sur le lac Phewa, la ville de Pokhara survolée par
de multiples parapentes, et les plus hauts sommets des Annapurnas coiffés de
brume.
Jour 13 : du Daulaghiri au Ganesh Himal. Sarangkot (1500) / Pokhara (900) “Sun rise, sunrise !” :
le panorama s’impose, impassible et majestueux, inchangé depuis la nuit des
temps du Daulaghiri au Ganesh Himal en passant par toute la chaîne des
Annapurnas. Il le fallait bien puisque depuis 3h du mat. c’est le défilé sous
notre fenêtre. Nous nous levons donc et participons au
spectacle. Une fois le soleil levé,
la foule redescend tandis que nous déjeunons paisiblement dans cette lumière
automnale que je n’ai jamais retrouvée ailleurs, puis rejoignons Pokhara, à
pieds, comme je l’aime, par le bout du lac. Installés chez Beli, une amie
népalaise, comme à la maison, nous goûtons à la douceur de vivre à Pokhara deux
journées (le musée, le camp de réfugiés Tibétains, etc). Jour 16 : “ Y’a tout qui Bodnath, vallée de Mummy aura le mot de la fin pour signer notre retour dans la capitale, ou plutôt juste à côté (“encore elle” …) ! A Bodnath, près de la communauté Tibétaine, au lodge où vit le moine Français Mathieu Ricard “Y’a tout qui marche”. Nos activités seront autant variées que le trek le fut : check-up de médecine tibétaine , rendez-vous chez le chamane, un thé au plus beau palace du pays voire du monde, un détour au bureau de Tashi, journaliste Tibétain, un passage chez le couturier et au salon de beauté. Touristique, notre séjour ? |
|
Cathy Caudart - 40 route
col d'Izoard - 10 Combe Bruche - 05100 Briançon |